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Message par Admin le Lun 16 Aoû - 10:27

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Re: waxtaan

Message par Admin le Lun 16 Aoû - 10:57

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Re: waxtaan

Message par Admin le Mar 18 Oct - 19:53

Alors qu'est-ce que t'en pense? Bear in mind that que c'est un livre écrit par un Toubab qui avait interrogé de vieux Peuls sur leur origine:

Voici l'extrait intégral:


Louis Tauxier

Administrateur des Colonies en retraite

Bibliothécaire-archiviste de la Société des Africanistes

Moeurs et Histoire des Peuls

Payot, Paris, 1937. 418 p. 23 gravures 1 carte.

Chapitre II

Ce que les Peuls pensent eux-mêmes de leurs origines
Madrolle dans son gros ouvrage: En Guinée (1895), où il parle abondamment des Peuls du Fouta-Djallon, dit (p. 294) :

« En 1892, je visitai une partie du Fouta-DialIo, j'interrogeai les indigènes sur l'origine de leur race; voici ce qu'ils me racontèrent :

« Un certain arabe de Massara (Massira ou Massara signifie l'Egypte 1) nommé Aboudar-Daye, fervent apôtre de Mahomet, circulait avec une troupe nombreuse entre le Niger et le Sénégal pour soumettre à la religion musulmane les peuples habitant l'occident de son pays.

Il vint au Fouta-Toro et trouva le pays habité par les Ouolofs qu'il soumit au culte de Mahomet 2. Les rois du pays Lamtaga-Diop et Diadian-Diaye, ainsi qu'une partie des habitants, acceptèrent la nouvelle religion.

De cette invasion il ne resta que peu de vainqueurs ; cependant l'un d'entre-eux eut en partage la fille du roi du pays et vécut au Fouta-Toro.
De ce mariage naquirent quatre fils dont le troisième resta muet pendant une partie de sa jeunesse.

Son plus jeune frère, alors âgé de huit mois, se mit un jour à pleurer et à crier très fort en appelant sa mère ; ce fut alors que le muet s'écria tout à coup : “Deyyhu, Deyyhu, néné araî djiouni, a mouïnaï ” (Taisez-vous, taisez-vous, notre mère vient tout de suite, vous allez avoir le sein). Ces mots furent les premières paroles foulahs entendues dans le pays Ouolof.

La mère, s'approchant de la case, fut surprise d'entendre cette nouvelle voix, elle courut à la mosquée chercher son mari et tous deux restèrent cachés autour de la case. L'enfant au berceau s'étant repris à pleurer, la nouvelle voix se fit encore entendre.

Le père, marabout vénéré, crut trouver en ce fils un futur apôtre de Mahomet et le fondateur d'un nouveau peuple, il courut chercher le livre des langues de Mamodou (mis pour Mohammadou, Mohammed, Mahomet) et trouva qu'il était prédit qu'une race de couleur claire, parlant une langue particulière, dominerait une partie du monde.

Le marabout rendit grâce à Dieu. Heureux d'une telle fortune il se mit à pleurer et à remercier Mahomet de faire sortir de sa famille une race qui, née sur les bords d'un grand fleuve, devait régner sur beaucoup de pays. Le vénéré Arabe se mit à parcourir les régions environnantes, annonçant partout que la langue prédite par le grand prophète était maintenant découverte.
Devenu plus grand, le jeune fils apprit à ses trois frères la nouvelle langue Foulah. Ils partirent vers une région éloignée de Timbouctou 3 où se forma le noyau de la race.

Quelques années après eut lieu la dispersion : les deux aînés s'établirent au Macina, le troisième gagna les pays montagneux habités alors par les Landouman et les Soussou et qu'il nomma Fouta-Djalon. Le quatrième resta le maître des pays berceaux de la race, situés entre le Moyen Niger et le Tchad » (p. 294-298).

Telle est cette légende qui fait descendre les Peuls d'un métissage d'Arabes et de Ouolofs. Cette légende imaginée par des marabouts Peuls pour flatter la vanité de la race, et qui du reste n'est pas trop présomptueuse puisqu'elle ne se targue que d'une demi-origine arabe et se donne seulement un père arabe et une mère nègre, sembla si bien imaginée dans l'Ouest africain que des nègres purs la reprirent à leur compte, se plaçant à côté des Peuls dans cette légende mirifique et se donnant à leur tour une origine à demi-arabe.

Ce devint ainsi une légende passe-partout pour tous les nègres islamisés de l'Ouest africain. Nous allons la voir telle quand elle fut racontée à André Arcin.
Notons en passant que le Livre des langues de Mahomet dans la littérature arabe est du même acabit que le chapitre des chapeaux dans l'oeuvre d'Aristote.

Voici maintenant, ce qui a été raconté à André Arcin (La Guinée Française. p. 227) :

« Un Maure ou un Arabe, c'est-à-dire un blanc, me dit mon informateur, se maria à Tischitt avec une négresse. Il en eut quatre fils:
• Le premier fit souche de certains Mandé : Sarakholé, Dioula, Soso.
• Le second fut le père des Férobé 4
• le troisième des N'Daédio.
• Dialo était muet. Un jour, sa mère ayant été chercher de l'eau, il resta dans la maison avec N'Daédio. Celui-ci se prit à pleurer en appelant sa mère.

Alors le muet, voulant consoler son jeune frère, se mit à lui parler et, dans un langage incompréhensible, il lui disait : Tais-toi, tais-toi, petit frère, voilà notre mère qui revient ! (Deyyhiou, deyyhiou, etc.). En effet, la mère était sur le seuil, mais, en entendant ces mots étranges, elle s'enfuit terrifiée et alla trouver son mari pour lui conter la scène à laquelle elle venait d'assister. Le Maure ouvrit alors son Koran et vit que Mohammed avait prédit que des gens, parlant une langue inconnue à son époque, domineraient une partie du monde. Il partit alors, abandonnant ses enfants chez les nègres. Ces derniers les chassèrent, sauf Dialo qui fut admis parmi eux. Mais il avait auparavant appris la nouvelle langue à ses frères et ceux-ci, après s'être dispersés et être allés qui au Haoussa, qui au Macina, etc. revinrent plus tard voir leur pays d'origine.»

Comme on le voit, cette légende diffère de celle rapportée par Madrolle en deux points :
• le père des Peuhls est un Arabe ou un Maure, plutôt un Maure
• il n'y a pas que les Peuhls qui soient les descendants d'un Maure ou d'un Arabe il y a toutes les populations nègres tant soit peu musulmanisées, même les Soso.

D'autre part, le sultan Peuhl Mohammed Bello, fils du conquérant Osman dan Fodio qui conquit Sokoto et la Nigéria du Nord au commencement du XIXe siècle, visité par le voyageur anglais Clapperton (1824), lui remit un mémoire
sur les hauts faits et les origines de sa race.

Disons d'abord que ce mémoire ne vaut pas grand'chose. Pour donner une idée des connaissances de son auteur, je donne ici sa définition des Maures ou Berbères :

« Les Berbères descendent d'Abraham. Quelques-uns prétendent qu'ils sont issus de Japhet et d'autres de Gog et de Magog dont une tribu qui se trouvait à Ghairoun (Kairouan?) s'est unie avec les Turcs et les Tartares. »

Ainsi, d'après cette définition substantielle, les Maures seraient des Sémites, à moins qu'ils ne soient des Aryens ou à moins qu'ils ne soient issus d'un mélange de Gog et de Magog avec des Turcs et des Tartares !!!

D'après Bello, les Sôninnkés ou Saracolets sont des Persans, les Torodo des Juifs, les Malinké des Coptes, enfin les Peuls des Arabes par leur père, des Toucouleurs par leur mère. On est évidemment ici en pleine fantaisie.
Delafosse (Haut-Sénégal-Niger, t. 1, p. 202) résume ainsi l'opinion de Bello :
« D'après lui, les Peuls — ou tout au moins ceux du clan Torodo auquel il appartient lui-même, descendent des Juifs, bien que certains les rattachent aux Chrétiens et d'autres aux Bambara. »

D'autre part, André Arcin dit, au sujet de Bello :
« Cette légende (celle d'après laquelle, nous l'avons vu, les Peuls descendraient d'un Maure ou d'un Arabe et d'une négresse] est confirmée par le manuscrit de Bello. L'Arabe est un chef des Sohabat qui apporte au Soudan la religion de Mahomet. Ses fils, les Foulbé, parlent une langue nouvelle différente de celle de leur père (l'Arabe) et de leur mère (la langue Wakoré ou Mandé). Cette dernière est une Touroude (Torodo). »
Il est assez singulier que, si la mère est une Touroude ou Torodo (une Toucouleur), elle parle le Mandé et non pas le Toucouleur (qui est, du reste le Peul) mais passons.

On voit que le Sultan Bello n'est pas une autorité et que son fameux manuscrit n'est qu'une élucubration de barbare qui connaît mal l'histoire et n'a aucun renseignement sérieux sur l'origine de sa race. Il est particulièrement désastreux de faire descendre les Peuls des Arabes et des Toucouleurs vu que ceux-ci sont un mélange, justement, de Peuls et de nègres Sérères.

Les traditions que nous venons de voir, en tout cas, admettent une double origine des Peuls : ce serait un mélange d'Arabes (ou de Maures) avec des nègres et ceci n'est pas une opinion si grotesque puisque, au XIXe siècle, le Dr Roubaud admet encore que les Peuls sont issus d'un mélange de Maures et de nègres. Mais la vanité Peuhle a été plus loin et ils seraient de vrais Arabes.

« D'autres traditions, dit Madrolle, ouvr. cit., p. 297, font descendre les Peuhls de Fello-ben-Hymier, c'est-à-dire de Fello ou Poullo fils d'Hymier, donnant ainsi aux Peuhls une origine Hymyarite, Arabe. »
Crozals dit dans son ouvrage sur les Peuls (1883, P. 248) :
« Un Imam de la tribu Peuhle des Irlabés racontait en 1817 à un voyageur Européen que les Peuhls, jadis voisins de l'Arabie, reçurent la commotion générale que la naissance du Mahométisme fit éprouver aux nations environnantes ; nouveaux convertis, ils traversèrent l'Afrique en conquérants,
imposant le culte islamique aux peuples plus faibles qu'eux (d'Avezac, Bayol).

Cette tradition évidemment inspirée par le désir d'associer, dès le premier jour de la prédication du Prophète, les destinées des Peuhls à celles des Arabes, ne mérite aucune créance et laisse entière la question qu'elle prétend résoudre. »
Un Hadji Peuhl raconta à Clapperton qu'il avait rencontré des hommes de même race que lui à la Mecque, ayant les mêmes traits, parlant un langage semblable (Crozals).

Une légende du même genre est celle qui fut recueillie en 1857 par C.-J. Reichardt et qui est relative exactement aux origines des Peuls du Fouta-Djalon. Delafosse en parle, p. 203. Les Peuls du Fouta-Djallon proviendraient de familles arabes venues de Fez dans le Dioka ou Diaga (Massina), sous la conduite de deux chefs nommés Sidi et Séri ; ceux-ci auraient été accueillis dans le Dioka par un saint personnage nommé El Hadj Sahilou Souaré, chef d'une tribu mandingue (ou plus exactement Soninké, d'après son nom de clan : Souaré), lequel les aurait dirigés vers le Fouta-Djallon, où il devinrent les ancêtres des deux familles des Sidianké et des Sérianké.

En fait, ce qu'il y a de vrai dans cette légende est la venue d'une colonne de Peuls depuis le Macina jusqu'au Fouta-Djallon (vers 1694), mais que ces Peuls soient des Arabes installés au Maroc dans les environs de Fez et venus de là au Macina, ceci est la part légendaire de la tradition. Il s'agit toujours de donner aux Peuls, peuple islamisé, une origine arabe.

Delafosse dit, lui aussi, que tout n'est pas à rejeter dans cette légende, mais il la commente d'après son point de vue à lui : origine Juive et non Arabe des Peuls. De plus, comme il croit (à tort) que les Peuls du Fouta-Djallon sont venus du Fouta-Toron et non du Macina, il intercale une promenade de ces Peuls du Macina au Fouta-Toron avant d'aboutir au Fouta-Djalon.

Delafosse a encore rapporté d'autres légendes d'origine arabe 5. Ainsi, p. 212 et 213, tome 1 de son Haut-Sénégal-Niger, il dit, parlant des Peuls islamisés :
« C'est ainsi que beaucoup prétendent que leurs premiers ancêtres se trouvaient encore au Sinaï après la mort de Mahomet, lorsque, en 639, le calife Omar-ben-el Khattab (634-644) envoya du Hidjaz par la Mer Rouge une armée commandée par Amrou-ben-el-Assi dans le but de convertir les Juifs et les infidèles du Sinaï et de l'Egypte. Amrou aurait débarqué au pays du Tor (Sinaï) une partie de ses troupes dirigée par un nommé Okba-ben-Yasser ; ce dernier aurait converti à l'Islamisme la majeure partie des Juifs du Sinaï, tandis que ceux qui refusèrent d'abjurer le Mosaïsme auraient été massacrés.

Lorsque Amrou, en revenant de son expédition en Egypte, s'arrêta au Sinaï, pour se rendre compte des résultats obtenus par Okba, le roi de l'or pria le général Arabe de laisser dans le pays quelqu'un capable de compléter l'instruction religieuse des nouveaux convertis ; Amrou laissa donc Okba au Sinaï et reprit sa route vers Médine où résidait le Khalife Omar. Okba, demeuré ainsi dans le Sinaï, y épousa ainsi Tadiounia, fille du roi de Tor, qui lui donna quatre enfants : trois filles (Daa ou Daadou, Ouoï et Noussou) et un garçon (Raabou ou Raarabou). De Daa serait issu le clan des Dialloubé, de Ouoï celui des Bari ou Daébé, de Noussou celui des Sô ou Férobé et de Raabou celui des Ba ou Ourourbé. C'est ainsi que, d'après les traditions islamisées, les quatre principaux clans peuls descendraient d'une juive du Sinaï et de Okba, fils de Yasser:
• fils de Maadj fils de Maghih fils d'un Foulâni
• fils de Sélim
• fils de Saïd
• fils de Maad
• fils de Adnan, lequel était, issu d'Abraham par Ismaël et qui, par un autre de ses petits-fils (Nizar, frère de Saïd) fut l'ancêtre de Koreich et de Mahomet.»

Ainsi les Peuls descendraient du général arabe Okba et d'une juive du Sinaï. Le général arabe lui-même aurait dans son ascendance un Foulâni ou Peul (ce qui est bizarre puisque la race Peuhle n'était pas encore créée) et Ismaël et Abraham lui-même. Ainsi les Peuls seraient les descendants d'Arabes et de Juifs.

Remarquons que cette légende est basée sur l'identification du Fouta-Toro, qui se trouve au Sénégal au bout de l'Afrique occidentale, avec le pays de Tor ou Sinaï. C'est la ressemblance du mot Tor (Sinaï) avec le Fouta-Toro qui a permis la création de cette légende de haute fantaisie.
Delafosse rapproche de cette légende racontée tout au long (p. 213, en note) cinq légendes analogues :
• l'une recueillie par Guébhard au Fouta-Djallon et publiée en 1909
• une autre donnée par N. Vicars Boyle et recueillie dans l'Adamaoua (1910)
• une autre donnée par le comte Escayrac de Lauture, légende du Baguirmi (1855-1856)
• la quatrième de Clapperton (1829) recueillie à Sokoto
• la cinquième de l'administrateur Logeay recueillie chez les Peuls du cercle de Goumbou (1909).
Delafosse fait remarquer la confusion du Tor (Sinaï) avec le Fouta-Toro (Sénégal). Il ajoute que
• dans la légende Vicars-Boyle, Okba-ben-Yasser est devenu Oukouba
• dans la légende d'Escayrac de Lauture, il est devenu Yakoub
• dans la légende Clapperton, il est devenu Okba-ben-Amir
• dans la légende Logeay, il est devenu Ougoubata.

« Dans d'autres légendes, enfin, dit Delafosse, Okba est donné comme le neveu d'Amrou et porte le nom d'Okba-ben-Amirqui est en effet le nom d'un des lieutenants d'Amrou, mais on le confond avec Okba-ben-Nafi et on le fait aller sur l'ordre du calife Moaouiya, non seulement en Egypte et au Sous, mais jusqu'à Tekrour et à Ghana. »

Bref, Okba a été un personnage historique, ou plutôt il y a deux Okba, mais le premier, lieutenant de cet Amrou, qui prit l'Egypte en 640, est un personnage peu connu et le grand Okba est Okba-ben-Nafi ou mieux Okba-ben-Nafa qui en 669 fonda Kairouan la grande métropole arabe et musulmane de l'Afrique du Nord, fit ensuite une grande expédition au Maghreb (681) et fit baigner le premier son cheval dans les eaux de l'Atlantique ou Océan Ténébreux. Cet Okba-ben-Nafa, qui conquit véritablement l'Afrique du Nord sur les Maures et les arracha aux dernières prises de la domination Byzantine, mourut en 683, massacré par les Berbères, mais son œuvre devait lui survivre après des vicissitudes diverses. C'est lui qui certainement est visé par les légendes Peuhles, mais il ne vint pas sur le Sénégal et à Ghana, car c'est en 736 seulement que les Arabes, partis de l'extrémité sud du Maroc, traversèrent le désert et arrivèrent au fleuve Sénégal, puis au fleuve Niger. Cette expédition peu connue, mais certaine, dont la date peut se placer vers 736, fut faite par Ismaël, fils d'Obéid-Allah et par le général El-Habib-ben-Abou-Obeida. (Pour tous détails, consulter entre autres Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale, tome I, pp. 229 et 230).

Voici encore une légende donnée par les Peuhls islamisés et rapportée par Delafosse (H. S. N.,t. I, p. 214). Elle a été prise auprès des Peuhls du Sahel :
« Les premiers ancêtres des Peulhs auraient été Yakouba (Jacob) fils d'Israïla (Israël), fils d'Issihaka (Isaac), fils d'Ibrahima (Abraham) et un nommé Souleïman. Le premier, parti du pays de Kénani (Channan), serait venu par le Tôr (Sinaï) dans le pays de Missira où régnait alors son fils Youssoufou (Joseph).

Celui-ci, vertu précédemment, en Egypte, avait épousé la fille du roi du pays et lui avait succédé sur le trône. Le second ancêtre, Souleïman, était venu du pays de Sani (Syrie) en même temps que Joseph et s'était établi auprès de lui.

Les enfants de Joseph, ainsi que ceux de Souleïman, auraient formé la souche d'où devait sortir plus tard le peuple Peulh. On confondit les uns et les autres sous le nom de Banissiraïla (Beni-Israël, Israëlites). Après la mort de Joseph, les Egyptiens voulurent, secouer le joug des Barinisiraïla et confièrent le sceptre a un homme du pays Firaouna (Pharaon). Ce dernier, jaloux du nombre, de la puissance et de la richesse en troupeaux des Baiiissiraïla, les accabla d'impôts de toutes sortes. Les Israélites s'enfuirent alors de l'Egypte. Une partie d'entre eux gagnèrent le Kénana (Chanana, Palestine) et le Sam (Syrie) sous la conduite d'un chef nommé Moussa (Moïse). Les autres franchirent le Nil sous la conduite d'un descendant de Joseph et d'un descendant de Souleïman, se dirigeant vers le soleil couchant. Firaouina les poursuivit, mais, comme il traversait le Nil, la pirogue qui le portait chavira et il se noya. Ses guerriers abandonnèrent alors la poursuite des Judéo-Syriens qui, avec leurs troupeaux, vinrent se fixer dans le pays de Sartou (Cyrénaïque) et prirent, dès ce moment, en souvenir de leur fuite, le nom de Foudh ou Fouth.

Plus tard, une fraction d'entre eux, prenant la route du sud-ouest, se rendit au Touat, mais une autre fraction se dirigea vers le Sud et gagna le Bornou (ou plutôt l'Aïr comme nous le verrons plus loin 6) sous la conduite de deux chefs nommés Gadia et Gaye, descendant le premier d'Israël et le second de Souleïman. Kara ou Karaké, fils et successeur de Gadia, et Gama fils et successeur de Gaye, menèrent leurs compatriotes du Bornou au Diaga ou Massina où ils furent accueillis favorablement par les Sébé (sôninikké). »

Delafosse donne, avec une grande naïveté, il faut l'avouer, une valeur historique à cette légende, plat démarquage de la Bible par des Peuls muslmanisés avec des innovations malheureuses dans le détail : ainsi les Egyptiens élèvent au pouvoir un nommé Firaouma (Pharaon), alors que le mot Pharaon vient en réalité de Pérao, la grande maison, et veut dire : l'hôte de la grande maison, de la sublime porte, le roi en un mot. Ainsi encore la noyade du Pharaon dans le Nil qui démarque la noyade du Pharaon et de son armée dans la Mer Rouge, seule noyade dont parle la Bible. Bref, cela n'a aucune valeur. Les Peuls qui ne connaissent même pas leur histoire exacte depuis le VIIe siècle de notre ère (histoire que les Européens seuls ont reconstituée à peu près) se rappelleraient exactement d'événements datant du 15e siècle avant Jésus-Christ ! N'insistons pas...

Du reste, la meilleure critique que l'on puisse faire de ce pot pourri maraboutique, assez ingénieux du reste, si l'on veut bien laisser un moment de côté sa fausseté fondamentale, c'est Delafosse lui-même qui l'a fait, en observant (tome 1, p. 216, en note) que :
« les Soninké du Sahel (des nègres) se sont approprié cette tradition et la donnent comme expliquant leur propre origine; ils y ont même introduit des noms de clans à eux pour rendre la chose plus vraisemblable. »
Ils ont tort, ajoute gravement Delafosse, et, si la tradition est vraie pour les Peuls, elle est fausse pour les Soninké ! Le malheur est qu'elle est aussi fausse pour les uns que pour les autres.

Donc, les Peuls qui se présentent dans certaines légendes comme des métis d'Arabes et de Nègres, ou de Maures et de Nègres, se présentent dans d'autres comme les descendants d'un général Arabe et d'une princesse Juive, venus du Tor (Sinaï), enfin, dans la dernière légende, ils descendraient purement et simplement de Joseph et de Souleïman 7, des Beni-Israël et d'un petit apport arabe, tout cela du 15e siècle avant Jésus-Christ.
Cependant, certains Peuls, plus sérieux et moins ambitieux, font tout simplement descendre les Peuls d'un fils de Cham qui s'appelait Ilo Falagui.

André Arcin, qui rapporte ce renseignement dans son livre La Guinée Française, p. 231, dit que ce sont des Peuls relativement purs, restés fétichistes ou devenus musulmans assez tièdes. N'ayant pas les mêmes préoccupations maraboutiques ou musulmaniques que les autres, ils ne prétendent pas descendre des Arabes ou des Juifs.

Ch. Monteil a recueilli dans son volume sur les Khassonké (1915) une autre légende, celle des Khassonké, relative à l'origine des Peuls. On sait que les Khassonké sont des métis de Peuls envahisseurs venus du Nord, du cercle de Nioro et de Malinké envahis par eux et battus définitivement vers 1680. Les Khassonké se donnent donc pour des Peuls, quoique réellement ils tiennent plus (saut les noms de clans) des Malinké que des Peuls (parlant le Malinké, avant une religion fétichiste, etc.). Ils disent donc descendre d'un nommé Dyadyé et les descendants directs de Dyadyé se trouveraient encore actuellement aux environs de Nioro et surtout vers Lakhaniané (cercle de Nioro). Le grand ancêtre de Dyadyé serait Oubobiliasi qui vivait au temps de Mahomet.

Les descendants de Oubobiliasi seraient en ligne directe :
• Amadou
• Ilo
• Dyadyé (un premier Dyadyé)
• Sadiga
• Sannyéré
• Bodéoul
• Dété
• Wondyé

Cet Oubobillasi (altération dialectale, dit Monteil, de Okba-ben-Yassiri) nous retrouvons toujours donc le fameux Okba arabe à l'origine des Peuls, selon les marabouts), était un caïd (chef) du temps de Mahomet. Comme tous les caïds, il devait chaque année fournir au Prophète un certain tantième de ses troupeaux. Une année, il dissimula une partie de ses richesses. Mahomet, s'en étant aperçu, le chassa en lui disant :

« Va, ta race sera maudite, tes descendants seront des vagabonds. »


En dernier lieu, Oubobiliasi campa à l'est de Tombouctou 8 ; là, il apprit la mort du Prophète et cédant à la nostalgie, il abandonna, sans esprit de retour, la famille qu'il s'était créée en épousant des femmes indigènes.

Comme son nom était inconnu, on appela ses quatre fils chacun par le nom de sa mère : ce furent les ancêtres des Dialo, Diakhité, Sidibé etSankaré. Ce furent les pères des quatre grandes tribus Peuhles ou plutôt des quatre grands clans Peuhls.

Comme nous le voyons, c'est toujours la tradition d'Arabes unis à des femmes indigènes. Monteil dit (en note) que certains passages?donnent quelque crédit à cette opinion. Ces passages, ou plutôt ce passage, est bien connu. Il s'agit des guerriers ommiades de l'expédition de 736 dont nous avons parlé plus haut, qui descendirent du Sous sur le Sénégal, puis remontèrent le Sénégal vers I'Est, et le Niger, prenant Ghana. Une partie de ces guerriers resta dans le pays et s'allia à des femmes indigènes, tandis que les autres regagnaient Kairouan avec leur butin. On appela ceux qui étaient restés El-Fama (les princes, ou mieux El-Famaou au pluriel). Ils existaient encore au XIe siècle, au témoignage d'El-Bekri, mais il n'y en a plus trace actuellement au Soudan. Bref, ils firent comme les Armas ou fusiliers marocains du XVIe siècle qui s'allièrent à des femmes du pays et dont il y a encore des traces dans le pays Songhay, à Tombouctou, à l'heure actuelle. Mais évidemment ces guerriers arabo-berbères du VIIIe siècle, les El-Fama d'El-Bekri, n'ont aucun rapport avec les Peuls 9 (Voir plus loin).

Monteil dit encore que cet Ilo qui est placé dans la liste héréditaire qui va de Oubobiliasi à Dyadyé et auquel celui-ci se rattache, aurait formé la tribu Peuhle des Irlabé et même, par d'autres de ses fils, la tribu maure des Ladoum !

Le même ajoute que la tradition Peuhle-Khassonké qu'il vient d'exposer rattache les almamys du Fouta-Djallon à un certain Amadi Tabara qui serait le frère d'Ilo. [Nous avons vu plus haut que dans la liste héréditaire fournie par la même légende, Amadou est donné comme le fils d'Oubobiliasi et le père d'Ilo]. Monteil ajoute encore que les Peuls du Fouta-Djallon ne parlent pas de cet Amadi Tabara, mais font remonter jusqu'à Ilo le mouvement initial d'immigration Peuhle au Fouta-Djallon (Comparez l'étude de M. Leprince sur le Labé dans la Dépêche Coloniale illustrée du 31 août 1907.)

Enfin, dit Monteil, il est affirmé que les relations d'Ilo et de ses gens (les Peuls) avec les Maures Oulad M'Barek, leurs voisins, ont déterminé la formation de tribus de métis Poullo-Maures connues sous le nom de Ladoum.

En résumé, les Peuls se donnent tantôt comme des Arabes purs, tantôt comme des Juifs purs, tantôt comme un mélange de Juifs et d'Arabes, tantôt comme des métis d'Arabes et de Nègres ou de Maures et de Nègres 10. Les plus sages disent simplement qu'ils descendent de Cham par un certain Ilo ou Ilo-Falagui. Ceux-ci se donnent simplement une origine éthiopienne, origine qui semble être vraiment la leur.

En fait, il n'y a pas de tradition nationale sérieuse chez les Peuhls, mais seulement des légendes et des légendes de très basse époque (de l'époque de la musulmanisation). Les traditions qui ont quelque chance d'être sérieuses sont celles rapportées par Mollien (1818) et Boillat. Elles ne concernent pas du reste l'origine des Peuhls mais leur descente du Nord sur le Sénégal où ils se seraient mélangés aux Sérères. Ce seraient les Maures (repoussés eux mêmes vers le Sud par l'invasion arabe du VIIe et du VIIIe siècle) qui les auraient repoussés de la Mauritanie vers le Sud. Ceci ne concerne pas l'origine Peuhle et du reste est assez douteux.

Mais les nègres eux-mêmes que disent-ils des origines Peuhles ?
Evidemment les nègres, les vrais nègres n'en pensent rien. Mais il y a, parmi les nègres, des peuples musulmanisés qui ont, eux aussi, leurs marabouts, plus ou moins ingénieux comme ceux des Peuhls et frottés du reste aux marabouts Peuhls et Maures.

Ces marabouts ont créé, eux aussi, des légendes, à l'instar des Peuhls et en particulier, voici la singulière légende des Soninkésrecueillie par Robert Arnaud en 1912. Naturellement, les Soninkés, qui sont des nègres en gros (quoique assez métissés d'éléments Peuhls) se donnent dans cette légende des ´ gants ª, comme l'on dit, de toutes les manières : ils habitaient, bien avant Abraham, le Yémen. Ce n'étaient pas des blancs, il est vrai, mais des rouges. Du Yémen, ils arrivèrent dans l'Afrique occidentale (cercle de Nioro actuel), et ils détruisirent ou refoulèrent les autochtones du ´ Ganar ª, enfin ils fondèrent le royaume de Ghana. C'est à cette époque que le Kayamagha Djiabé maria sa fille à un étranger dont l'histoire était étonnante (p.144 à 152). Il se nommait Oukbatou boun Yacer et il était établi dans le Yémen à l'époque de Mohammed. C'est l'ancêtre des Peuls qui sont des hommes rouges comme les Soninké.

Mohammed déclara avant sa mort : Il surgira, après moi, dans les contrées de l'Ouest, une tribu très fervente et très fidèle et que j'aime beaucoup par avance. Cette tribu parlera une langue qui n'est semblable à aucune autre !

Cependant, Oukbatou, accompagné de son captif Diaoua, quitta le Yémen, arriva à Koumbi (Ghana), et y salua le Kayamagha Djiabé. Celui-ci lui donna sa fille et il en eut quatre mâles : Diallo, Ba, So, Bari, noms que les Peuls du Ouassoulou devaient ensuite changer en Diallo, Diakhité, Sidibé et Sangaré.

Et ces enfants imaginèrent un langage à part différent de celui des Arabes et différent de celui des Sônninké. Alors Oukbatou se souvint des paroles du Prophète et songea qu'il était mort. Alors, il voulut retourner dans le Yémen pour s'en assurer et il laissa sa femme avec son esclave Diaoua en lui disant :

Si je ne reviens pas, marie-toi, mais ne prends pour mari que l'homme pudique qui ira faire ses besoins très loin dans la brousse. Après avoir attendu son mari très longtemps, la fille de Djiabé, désespérant de le voir revenir, prit pour mari Diaoua, car elle avait pu constater que tous les jours, pour faire ses besoins, Diaoua allait jusqu'à la lointaine forêt. Et elle en eut un fils Dabi qui donna naissance aux Diawanbhés 11 la première caste de la société peuhle.

Cependant les quatre fils d'Oukbatou (qui avaient créé la langue Peuhle) se rendirent à La Mecque et ils étaient tellement fervents qu'ils consentirent à se laisser trancher la tête pour aller voir tout de suite le Nabi dans le ciel. Naturellement, ce n'était qu'une épreuve qu'on leur fit subir et par laquelle les gens de La Mecque éprouvèrent leur foi ardente.

Et l'on découvrit un écrit laissé par Mohammed et qui était justement un vocabulaire de cette langue inconnue que parlaient les quatre jeunes gens, si remarquables par leur foi. Et l'on connut ainsi la langue Peuhle créée par le Prophète lui-même ou créée par Dieu et enregistrée par le Prophète.

Ensuite, les quatre frères Peul regagnèrent l'Afrique occidentale et s'établirent à Troumbanou dans le Bakhounou (cercle de Goumbou ou de Nara) où leur beau-père Diaoua (avec toute sa descendance Diawando) les rejoignit.

Or, Dieu permit que plus tard, leur descendance abandonnât l'Islam et s'entêtât longtemps dans les voies de la mécréance. Cependant, ils devaient revenir (et définitivement cette fois) à l'Islam, et, parmi les Diallo, les premiers qui se reconvertirent à l'Islam, prirent le nom de Kann (pp. 152 à 154).

En définitive, dans cette légende ingénieuse des marabouts Sôninnké (dans laquelle ils font rentrer du reste non seulement l'histoire Soninnké, mais toute l'histoire du Soudan jusqu'aux Bambara compris) les Peuls sont considérés comme des hommes rouges venus du Yémen. Leur ancêtre Okbatou (on retrouve ici une fois de plus le conquérant arabe Obka-ben-Nafa qui fonda Kairouan et poussa jusqu'à l'Atlantique au VIIe siècle de notre ère) épouse la fille du roi Sôninnké Kayamagha Djiabé et en a quatre fils, origine de la race Peuhle. Comme les Sôninnké, dans cette légende, ne sont pas des noirs, mais des rouges, c'est l'alliance entre deux peuplades de Rouges qui a donné les Peuhls. En définitive, les Peuhls sont présentés ici, non comme des blancs, mais comme des Ethiopiens ou Kouschites d'Arabie. La légende, assez jolie qui reste, telle qu'on l'a présentée à Robert Arnaud, n'est, donc pas absurde comme fond, les Peuhls étant réellement des Ethiopiens ou Khainites et non pas des Arabes ou des Juifs. Somme toute, les Sônninké ont vu plus clair ici que quelques érudits dont nous ne citerons pas les noms.

Après avoir écoulé les Peuhls eux-mêmes et les marabouts musulmanisés du pays Sônninké, écoutons maintenant les érudits ou savants modernes qui ont travaillé sur eux et reprenons d'abord les opinions les plus contestables avant d'en venir à l'opinion presque unanime des anthropologistes qualifiés
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